Après le Syndrôme France Télécom, le Syndrôme OpenOffice.org. On pourrait parler aussi, comme l'écrit Philippe Zarifian de performance sociale [1]
Or depuis près de 30 ans que cela dure, le scénario auquel j'ai régulièrement assisté est le suivant :
- on présente le tout en fanfare aux employés (qui, de façon surprenante, n'y croient jamais plus que ça)
- on donne quelques primes, de ci de là au début, pour indiquer le chemin
Et la plupart du temps :
- les gens se prennent au jeu
- la productivité augmente (et ça marche assez bien en apparence)
- cela dure quelques années
- et un jour ... on ferme l'entreprise ou on la vend. Point.
En effet, il s'avère qu'avec le temps, lorsqu'un plan d'Assurance Qualité est créé, il faut bien le reconnaître, il s'agit simplement de la dernière fois qu'on presse le citron à une entreprise, avant de la revendre ou simplement de la fermer, le tout, basé sur la règle d'or suivante: c'est l'employé qui creuse sa tombe. En tout cas, c'est ce que je constate autour de moi depuis près de 30 ans.
Alors voilà, quand j'ai appris que le logiciel auquel je contribue, en l'occurence OpenOffice.org, faisait un tapage monumental pour l'Assurance Qualité (depuis près de 5 ans je crois), j'avais déjà compris ce qui nous attendait, et je me disais que quelque chose de noir se tramait.
De "La Mise à Mort du travail" ...
Qu'en est-il aujourd'hui ? OpenOffice.org vient d'être revendu à Oracle (qui n'est pas une entreprise pire qu'une autre) et qui applique la règle d'un propriétaire : Oracle fait ce qu'il veut. Récemment, Oracle a autoritairement choisi de changer l'apparence de ce qui lui appartient (application d'un nouveau logo). Voila, que cela déclenche la grogne, peut être plus ...
Chacun se reconnnaitra (malheureusement), ou reconnaîtra son rôle quelque part dans cette affaire.
De tout cela, il ressort qu'il est clair que l'Assurance Qualité appliquée au développement d'un logiciel libre, et si l'on regarde ce qui est en train de se passer avec OpenOffice.org, mène visiblement dans le mur : une Communauté qui devrait être un lieu de créativité et d'épanouissement de l'individu, car actif, participant et reconnu pour ses mérites (rappel : le moteur du libre est la méritocratie), devient une espèce d'armée avec des chefs qui ne font que donner des directives -souvent discutables- et qui sont très éloignées du but initial.
[1] De la performance sociale
[2] Assurance Qualité (wikipedia)
[3] La mise a Mort du travail

