Journée de réflexion sur les Réseaux d’Enseignants (non institutionnels) à l’ENS Cachan

Le décor

Samedi 21 mai a eu lieu, dans les locaux de l’ENS Cachan, une journée de réflexion centrée sur les « Réseaux d’Enseignants ». Ceux que l’on qualifiera simplement de « non-institutionnels ». CDI Doc étant l’exception qui confirme la règle. Cette journée était organisée par le laboratoire Sciences Techniques Éducation Formation (STEF), et je remercie Eric Bruillard (Directeur du laboratoire STEF, ENS Cachan – IFÉ – UniverSud) et Isabelle Quentin, doctorante en sciences de l’éducation STEF Cachan, d’avoir invité EducOOo à s’exprimer sur le sujet.

Arrivé le vendredi, c’est avec une grande curiosité que j’ai revu un endroit que j’avais quitté il y a … disons, quelques années 😉 Bon, j’ai eu du mal à reconnaître les lieux en fait.

Je ne sais pas qui est l’architecte qui a fait ce carnage, mais franchement, il n’a pas fait semblant, et si on voulait faire un truc moche, eh bien, c’est très réussi 🙁

En fait, les seules choses que j’ai reconnues, c’est la Cocarde !! (j’ai du mal avec l’orthographe qui était sur la porte …), l’entrée de l’école … et la Butte bien sûr ! Mais on n’est pas venus pour ça, alors revenons au sujet initial : la journée de réflexion.

L’idée, c’était de faire le point au sujet de la vraie situation des réseaux d’enseignants. J’ai vraiment été très content de rencontrer plein de gens qui représentaient des associations dont je ne connaissais (j’avoue pour une ou deux) pas le nom avant de préparer cette journée.

Les gens

Parmi les associations présentes, il y avait, bien entendu les poids lourds :

  • L’incontournable Sésamath, représentée par Jean-Philippe VanRoyen ;
  • Les Clionautes, représentée par Emmanuel Maugard ;
  • Weblettres, représentée par Céline Dunoyer.
  • Mais aussi d’autres associations, preuve de la vivacité de l’activité des enseignants (malgré l’autisme dont fait preuve l’Éducation Nationale à leur égard) :

  • MesPreps, représentée par Alan Crevon ;
  • STG-CFE, représentée par Driss Sabri ;
  • Cdidoc, représentée par Florence Thiault ;
  • Enseignons.be, représentée par Jonathan Fischbach ;
  • él@b, représentée par Stéphanie de Vanssay (association.elab@gmail.com) ;
  • Edulibre, représentée par notre ami Daniel Caillibaud ;
  • EducOOo, représentée par moi même.
  • Ce que j’ai retenu de tout cela :

    L’introduction a été faite par Eric Bruillard. Par ailleurs, Eric Bruillard est membre d’un Consortium appelé PREAK30 (financé par l’ANR) , dirigé par l’Université Paris V, et dont le thème est : réfléchir à l’apprentissage en 2030, et aux implications à court terme sur la recherche.

    Isabelle a pris la suite en produisant les résultats de son analyse des points clés de chaque association : le décor était planté, et la première table ronde a commencé. Celle-ci a été animée par Béatrice Drot-Delange (maître de conférence en informatique et communication laboratoire PAEDI, Clermont-Ferrand).

    Le thème était « la gouvernance des réseaux d’enseignants ». Je n’aime pas les mots gouvernance (pouvoir) et communauté [ voir ce billet ] qui sont tellement utilisés pour manipuler les gens dans certains projets libres (OpenOffice.org par exemple), mais la manière dont j’en ai entendu parler me convenait, et au bout du compte, cela a confirmé mon point de vue. C’est d’ailleurs ce qu’on applique dans EducOOo : les projets appartiennent à l’association, pas à un individu en particulier, car toute personne peut décider d’arrêter, de s’en aller, et il vaut mieux prévoir.

    Suivit une analyse très intéressante des résultats d’un questionnaire soumis à toutes les associations présentes. Le contenu du questionnaire et son analyse ont été faits par Isabelle Quentin (voir ici).

    Eric Bruillard, lors de sa synthèse, en fin de matinée, a mis en évidence que le monde de l’enseignement serait en train de subir le même sabotage que serait en train de subir le monde de la santé. C’est tellement limpide que ça m’inquiète.

    En effet, pour l’enseignant, il devient plus facile de créer des ressources. Les dangers sont néanmoins importants. D’un côté, la diffusion des savoirs, devrait converger vers une personnalisation de l’enseignement (il reste toutefois du travail, nous n’y sommes pas encore), ce qui grosso modo peut être vu comme une amélioration. De l’autre, il y a risque d’uniformisation et surtout de voir les contenus et méthodes d’apprentissage imposés aux enseignants.

    Ces changements sont inéluctables, et le mieux, pour les enseignants, n’est pas de s’opposer, mais plutôt de prendre le train en marche, et de prendre aussi vite que possible le contrôle, du moins de limiter les effets pervers de cette « avancée numérique ». Le seul privilège d’un enseignant, c’est de pouvoir décider de sa pédagogie, et le risque est grand de voir ce dernier privilège définitivement confisqué.

    En tant que représentant d’EducOOo j’ai participé à une seconde table ronde l’après-midi, et dont le thème était « Quels changements de pratiques avez-vous observé chez les enseignants qui utilisent vos ressources ou vos services ». Cette table ronde était animée par François Villemonteix (Docteur en sciences de l’Éducation, Paris V, IEN et conseiller TICE adjoint du Recteur de l’Académie de Créteil).

    Parmi les associations participant à cette seconde table ronde, la diversité était au rendez-vous. Les différentes formes d’activités choisies par ces associations, allant de la fourniture de logiciel, aux préparations pour enseignants (mespreps.com) a donné une image de fraicheur, et de créativité. La parole a aussi été donnée la jeune association él@ab), de création trop récente pour qu’il y ait des retours significatifs. Citons aussi STG-CFE, caractérisée par une communauté d’enseignants en économie gestion dont l’entrée est conditionnée à une participation active, et CDI Doc qui offre une veille organisée pour les professeurs documentalistes. Je ne connaissais pas trop enseignons.be, mais -je me trompe peut-être- j’ai trouvé son approche plus « marketing ». La contrepartie, c’est le peu de retour (les utilisateurs étant surtout des consommateurs) pour le travail fourni.

    Pour ceux qui connaissent le problème mathématique, ces associations m’ont fait l’effet du jeu de la vie : un patchwork d’activité qui se déplace, des nouvelles naissent spontanément, puis meurent, d’autres grossissent et vivent leur vie. Je présenterai prochainement certaines d’entre-elles plus longuement sur ce blog.

    La fin

    Évidemment, pris par les discussions, on n’a pas vu l’heure, et tout a une fin … avant de devoir reprendre mon train (parti en courant, Paris c’est pas glop pour ça …), Isabelle a présenté ensuite un petit jeu assez Fun : parmi 3 profils très caractéristiques proposés, il fallait dire si on pensait reconnaître quelqu’un (voir soi-même).

    D’ailleurs, je n’ai pas pensé à demander les réponses et il faudra que je le fasse ^^

    Merci Eric, merci Isabelle, merci à tous les participants !!
    À suivre …

    Quelques liens utiles :

  • Site du projet PREAK30
  • Une réflexion au sujet de « Journée de réflexion sur les Réseaux d’Enseignants (non institutionnels) à l’ENS Cachan »

    1. Bonjour et merci pour cet article. J’espère que cette journée sera le point de départ de futures réflexions sur la place et le rôle des réseaux d’enseignants dans un système éducatif en pleine mutation. J’espère également que cette journée aura permis aux participants de faire plus amples connaissances et pourquoi pas d’envisager des projets communs pour l’avenir.
      Isabelle Quentin

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